Louis XIV conquiert deux fois la Franche-Comté : pour quelques semaines en février 1668, avant la restitution à l’Espagne par traité ; et définitivement en 1674.
Dès la première conquête, le roi fait appel à Vauban pour fortifier Besançon et en faire une place forte de premier rang. En 1668, Vauban visite la ville, il en perçoit tous les atouts et toutes les faiblesses. L'ingénieur choisit pour la construction d'une citadelle le site du mont Saint Etienne. Il en dessine les plans, en trace les ouvrages sur le terrain et commence les travaux par le front de Secours.
Le 2 mai 1666, le traité d’Aix-la-Chapelle restitue la Franche-Comté aux Habsbourgs d’Espagne. Ces derniers mettent en œuvre les plans de Vauban et entreprennent, pendant 6 années, l'édification de l'ouvrage sous la direction d’Ambroise Precipiano.
La province de Franche-Comté étant revenue en 1674 sous le giron de Louis XIV (par traité de Nimègue qui rattache en 1678 définitivement la Franche-Comté à la France), le roi décide de poursuivre et d'améliorer substantiellement la défense de la ville. Vauban reçoit pour mission, la réorganisation de la citadelle et la fortification de la cité.
Toute la ville, le clergé y compris, doit participer aux dépenses, mais l'imposition subie est si importante que Louvois accepte qu'une partie des frais soit prise en charge par le trésor royal, ce qui n'empêche pas louis XIV, dit-on, de demander à Vauban s'il édifie les murailles de Besançon avec de la pierre …ou avec de l'or !
Vauban vient à plusieurs reprises inspecter les travaux de la citadelle, qui exigent des matériaux considérables, de longs délais de réalisation et la réquisition des ouvriers disponibles de la cité.
Trente années de travaux et des fonds considérables seront nécessaires pour obtenir, en 1711, l'une des places fortes les plus puissantes de l'époque.
Bibliographie : textes Marie-Helène Bloch, document Laissez vous conter la citadelle, édité par la Ville de Besançon, service Patrimoine.
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Sébastien Le Prestre de Vauban |
Vauban a connu l’un des destins les plus passionnants du XVIIe siècle. Il est considéré comme le plus célèbre des ingénieurs militaires d’Europe. Prospecteur et bâtisseur, il a été le plus grand voyageur de son temps, parcourant le royaume pour œuvrer à la défense du territoire et contribuer ainsi à la suprématie militaire de Louis XIV.
Esprit curieux et universel, il s’est intéressé aux sujets les plus divers. Très observateur, il rassemble ses remarques et réflexions en douze tomes intitulés « Mes oisivetés ou ramas de plusieurs mémoires sur différents sujets ». Stratège, économiste, inventeur, philosophe, agronome, penseur politique et urbaniste, ses réflexions très concrètes portent sur tous les domaines qu’il rencontre sur son chemin : fortifications bien sûr, armée mais aussi impôts, navigation, religion…
Homme de devoir, honnête, loyal, fidèle serviteur du roi, il va étudier aussi l'organisation de l'État, ce qui l'amène à rédiger " La dîme royale ". Il propose de revoir l'ensemble du système fiscal français, avec le principe d'un impôt unique.
Vauban meurt à Paris le 30 mars 1707. Le roi s'en attriste et déclare : " Je perds un homme fort affectionné à ma personne et à l'État ".
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Le destin de la Citadelle |
Forteresse, caserne, prison… la citadelle a rempli ces différents rôles au cours des siècles.
Construite pour protéger la ville contre les attaques ennemies, elle doit faire face à plusieurs sièges : celui des Autrichiens en 1814, celui des Prussiens en 1871, et ne subit que peu de dommages. Depuis sa construction et jusqu'en 1940, elle sert à loger les troupes de la garnison. De 1682 à 1694, elle abrite une école de Cadets, Louvois étant à l'initiative de la fondation de ces établissements destinés aux jeunes gens de petite noblesse. Au nombre de 400 en 1683 (600 par la suite), les Cadets reçoivent une instruction à la fois militaire et scientifique.
Sans jamais avoir été officiellement prison d'État, la citadelle a accueilli des hommes et des femmes ayant transgressé les lois, mais qui n'ont pas été jugés et qui ont bénéficié du titre de prisonniers d'État : ainsi arrivent en 1683 des complices de La Voisin, principale accusée de l'Affaire des Poisons qui fit scandale à la cour de Louis XIV.
Pendant la Révolution, l'Empire et la Restauration, on y emprisonne de nombreux opposants aux régimes qui se succèdent : chefs chouans, généraux royalistes, bonapartistes, comploteurs en tous genres. La citadelle a enfin servi de camp de prisonniers de guerre et cela à plusieurs reprises : tout au long du XIXe siècle ainsi qu'à la fin de la guerre de 39-40.
De 1941 à 1944, elle est le lieu d'exécution d'une centaine de résistants arrêtés dans la région de Besançon. Le 7 septembre 1944, des combats violents opposent pendant quelques heures les Américains aux Allemands qui étaient retranchés dans le front de Secours. Puis jusqu'en 1947, ce sont les Allemands qui y sont enfermés comme prisonniers de guerre.
Devenue sans intérêt pour l'armée, elle est acquise en 1959 par la Ville de Besançon qui souhaite y aménager " un ensemble touristique " et un musée.
Cinq décennies plus tard, la Citadelle est devenue un haut-lieu de culture historique et scientifique et le premier site touristique franc-comtois avec plus de 270 000 visiteurs annuels.
Bibliographie : textes Marie-Helène Bloch, document Laissez vous conter la citadelle, édité par la Ville de Besançon, service Patrimoine. |