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Forteresse, caserne, prison… la citadelle a rempli ces différents rôles au cours des siècles.
Construite pour protéger la ville contre les attaques ennemies, elle doit faire face à plusieurs sièges : celui des Autrichiens en 1814, celui des Prussiens en 1871, et ne subit que peu de dommages. Depuis sa construction et jusqu'en 1940, elle sert à loger les troupes de la garnison. De 1682 à 1694, elle abrite une école de Cadets, Louvois étant à l'initiative de la fondation de ces établissements destinés aux jeunes gens de petite noblesse. Au nombre de 400 en 1683 (600 par la suite), les Cadets reçoivent une instruction à la fois militaire et scientifique.
Sans jamais avoir été officiellement prison d'État, la citadelle a accueilli des hommes et des femmes ayant transgressé les lois, mais qui n'ont pas été jugés et qui ont bénéficié du titre de prisonniers d'État : ainsi arrivent en 1683 des complices de La Voisin, principale accusée de l'Affaire des Poisons qui fit scandale à la cour de Louis XIV.
Pendant la Révolution, l'Empire et la Restauration, on y emprisonne de nombreux opposants aux régimes qui se succèdent : chefs chouans, généraux royalistes, bonapartistes, comploteurs en tous genres. La citadelle a enfin servi de camp de prisonniers de guerre et cela à plusieurs reprises : tout au long du XIXe siècle ainsi qu'à la fin de la guerre de 39-40.
De 1941 à 1944, elle est le lieu d'exécution d'une centaine de résistants arrêtés dans la région de Besançon. Le 7 septembre 1944, des combats violents opposent pendant quelques heures les Américains aux Allemands qui étaient retranchés dans le front de Secours. Puis jusqu'en 1947, ce sont les Allemands qui y sont enfermés comme prisonniers de guerre.
Devenue sans intérêt pour l'armée, elle est acquise en 1959 par la Ville de Besançon qui souhaite y aménager " un ensemble touristique " et un musée.
Cinq décennies plus tard, la Citadelle est devenue un lieu culturel et scientifique. Depuis le 7 juillet 2008, elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco au titre des fortifications de Vauban. Elle est également le premier site touristique franc-comtois avec près de 250 000 visiteurs annuels
Bibliographie : textes Marie-Helène Bloch, document Laissez vous conter la citadelle, édité par la Ville de Besançon, service Patrimoine. |